J’ai acheté un livre pour enfants. Pour moi.
Et je ne suis pas le seul dans ce cas. Les ouvertures d’échecs pour les enfants de John Watson et Graham Burgess, c’est un peu le titre qui fait sourire en caisse — jusqu’à ce qu’on l’ouvre et qu’on réalise qu’on va y passer plusieurs soirées.
Parce que derrière ce titre se cache quelque chose de rare : un livre qui enseigne les vrais principes de l’ouverture, illustrés à travers 50 ouvertures parmi les plus jouées au monde. Pas juste une liste de coups à mémoriser. Une façon de comprendre pourquoi on joue ces coups — et ce qui se passe quand l’adversaire ne répond pas comme prévu.
Est-ce que c’est le livre parfait ? Non. La présentation a ses limites, et je vous dirai lesquelles franchement.
Mais est-ce qu’il m’a appris des choses et mérite sa place dans votre bibliothèque d’échecs ? C’est ce qu’on va voir ensemble.
Les ouvertures d’échecs pour les enfants est un livre de référence signé John Watson et Graham Burgess, publié par les éditions Olibris, qui présente 50 ouvertures commentées accompagnées de tests et de diagrammes. Malgré son titre, il convient aussi bien aux adultes débutants qu’aux joueurs intermédiaires souhaitant structurer leurs connaissances en ouverture.
Qui sont John Watson et Graham Burgess ?
Avant de parler du livre, deux mots sur ceux qui l’ont écrit — parce que ça compte.
John Watson est un grand maître international américain, mais surtout l’un des auteurs pédagogiques les plus respectés du monde des échecs. Son œuvre Les secrets de la stratégie moderne aux échecs est considérée comme un classique. Quand Watson écrit sur les ouvertures, il ne se contente pas de lister des variantes : il explique les idées derrière les coups.
Graham Burgess est grand maître international britannique et directeur éditorial chez Gambit Publications, l’une des maisons d’édition d’échecs les plus sérieuses au monde. Il a co-écrit ou édité plusieurs dizaines d’ouvrages. C’est lui qui garantit la rigueur et la lisibilité de ce que vous allez lire.
Ensemble, ils forment un duo solide : l’un apporte la profondeur stratégique, l’autre la clarté éditoriale. Ce n’est pas un livre écrit à la va-vite pour surfer sur un marché. C’est un ouvrage construit avec soin.
Ce que contient vraiment le livre les ouvertures d’échecs pour les enfants
Les principes d’ouverture : la vraie valeur du livre
Avant de vous présenter le livre sur les ouvertures d’échecs pour les enfants et les 50 ouvertures, Watson et Burgess font quelque chose d’intelligent : ils posent les bases.
Une grande partie du livre est consacrée aux principes fondamentaux de l’ouverture — ces règles que tout joueur doit intégrer avant même de mémoriser le premier coup d’une variante. Contrôler le centre, développer ses pièces rapidement, mettre le roi en sécurité en roquant, éviter de jouer la dame trop tôt… Ces concepts sont expliqués simplement, avec des exemples concrets.
Ce que j’apprécie particulièrement, c’est que ces principes ne sont pas présentés comme une liste froide de règles à apprendre par cœur. Ils sont illustrés à travers des situations réelles, ce qui permet de comprendre pourquoi on les applique — et surtout ce qui se passe quand on ne le fait pas.
C’est là la vraie force du livre : on n’apprend pas des coups, on apprend à réfléchir.
Les 50 ouvertures : un panorama, pas une encyclopédie
Cinquante ouvertures, c’est à la fois beaucoup et peu. Beaucoup, parce qu’un débutant n’en jouera jamais plus de cinq ou six régulièrement. Peu, parce que la littérature d’échecs en recense des centaines.
Ce qu’il faut comprendre dès le départ : ce livre n’est pas fait pour construire un répertoire complet. C’est un panorama — une façon de se familiariser avec les grandes familles d’ouvertures et d’en comprendre les idées principales.
Parmi les 50 proposées, trois me semblent particulièrement bien choisies pour un joueur qui débute :
Le Giuoco Piano — l’une des ouvertures les plus anciennes et les plus logiques qui soit. Chaque coup illustre parfaitement les principes fondamentaux : occuper le centre, développer les pièces, roquer rapidement. C’est l’ouverture idéale pour intégrer ces principes sans s’y perdre.
La Sicilienne fermée et l’Attaque Grand Prix — une façon d’aborder la Sicilienne sans se noyer dans ses variantes les plus complexes. Pour les Blancs qui veulent jouer activement sans mémoriser des dizaines de coups, c’est un excellent point d’entrée.
La Défense Scandinave — simple, directe, redoutablement efficace pour les Noirs. Elle permet de sortir de l’ouverture avec une structure claire et des idées concrètes, même sans connaître beaucoup de théorie.
Une précision importante cependant : ces trois ouvertures ne forment pas un répertoire complet. Le livre vous donnera des bases solides sur chacune d’elles, mais si votre objectif est de construire un répertoire cohérent avec les Blancs et avec les Noirs, il faudra compléter avec d’autres ressources.
Les tests et solutions : un vrai plus pédagogique
Ce qui distingue le livre les ouvertures d’échecs pour les enfants d’un simple catalogue d’ouvertures, c’est sa fin. Watson et Burgess ont eu la bonne idée d’intégrer deux tests.
Le premier, « Test de connaissances », évalue votre compréhension théorique : nommer une ouverture à partir de ses coups en notation algébrique, écrire les coups d’une ouverture donnée, identifier une position sur diagramme. C’est un test de reconnaissance — est-ce que vous avez bien assimilé ce que vous venez de lire ?
Le second, « Teste ton savoir-faire », est plus exigeant et franchement plus intéressant. Face à 36 diagrammes, vous devez trouver le meilleur coup pour les Blancs ou les Noirs, et identifier l’ouverture en cours. Ce n’est plus de la mémorisation — c’est de la compréhension.
Le score maximum est de 108 points. Le niveau maître commence à 100. Ne vous inquiétez pas si vous êtes loin du compte la première fois — l’objectif n’est pas de tout réussir du premier coup, mais de mesurer ce qu’il reste à travailler.
Les solutions sont détaillées, ce qui est rare et appréciable : vous ne tombez pas juste sur une réponse sèche, mais sur une explication. C’est là qu’on apprend encore, même après avoir terminé le livre.
Pour quel niveau exactement ?
C’est la vraie question que tout le monde se pose avant d’acheter le livre les ouvertures d’échecs pour les enfants— et à laquelle personne ne répond clairement sur internet.
Voici mon verdict honnête, en tant que joueur amateur :
| Profil | Niveau Elo indicatif | Ce livre est-il fait pour vous ? |
|---|---|---|
| Enfant débutant (moins de 10 ans) | < 800 | ⚠️ Trop tôt — commencez par les règles et les mats simples |
| Débutant adulte | 800 – 1 000 | ✅ Idéal — les principes généraux sont accessibles et utiles |
| Joueur en progression | 1 000 – 1 400 | ✅ Très utile — structurez et complétez vos connaissances |
| Joueur intermédiaire | 1 400 – 1 600 | ✅ Bon panorama — utile pour combler des lacunes |
| Joueur confirmé | > 1 600 | ❌ Trop léger — passez à des ouvrages plus spécialisés |
Une chose à avoir en tête : malgré son titre, ce livre n’est pas adapté aux très jeunes enfants qui débutent aux échecs. Un enfant de 7 ou 8 ans qui apprend les règles n’en tirera pas grand-chose. En revanche, un enfant de 10-12 ans qui joue depuis un an ou deux et qui veut structurer son jeu — là, oui, ça prend tout son sens.
Pour un adulte débutant ou intermédiaire, c’est franchement un excellent investissement.
Comment bien utiliser le livre les ouvertures d’échecs pour les enfants
C’est le chapitre que Watson et Burgess auraient dû écrire — mais qu’ils n’ont pas écrit. Le livre ne vous explique pas comment l’aborder. On ouvre, on lit, et parfois on se retrouve un peu perdu entre le texte et les diagrammes.
Voici comment je vous conseille de le lire, après l’avoir pratiqué moi-même.
1. Ayez un échiquier à portée de main : physique ou en ligne (lichess, Chess.com), peu importe. Mais ne lisez pas ce livre sans pouvoir poser les coups devant vous. Le texte et les diagrammes prennent tout leur sens quand vous jouez les positions en même temps.
2. Ne cherchez pas à tout retenir : cinquante ouvertures, c’est beaucoup. L’objectif n’est pas de mémoriser chaque variante — c’est de comprendre les idées derrière chaque position. Retenez les principes, pas les coups.
3. Lisez d’abord le texte, puis regardez les diagrammes : c’est là que la présentation du livre peut désorienter. Mon conseil : lisez le paragraphe d’introduction de chaque ouverture en entier, puis revenez aux diagrammes pour visualiser les positions décrites. Ne faites pas les deux en même temps — vous vous y perdrez.
4. Faites les tests sérieusement : ne regardez pas les solutions avant d’avoir vraiment essayé. C’est inconfortable, parfois frustrant — mais c’est exactement ce qui fait progresser. Un test raté dont on comprend la solution vaut dix pages lues passivement.
5. Revenez-y régulièrement : ce n’est pas un livre qu’on lit une fois et qu’on range. Après quelques mois de parties, rouvrez-le. Vous verrez des choses que vous n’aviez pas comprises la première fois.
Points forts et point faible
Ce que ce livre fait vraiment bien :
- La pédagogie des principes — avant de présenter les ouvertures, les auteurs posent les fondations. Contrôle du centre, développement, sécurité du roi, structure de pions… Ces concepts sont expliqués clairement et illustrés concrètement. C’est rare dans un livre sur les ouvertures.
- La largeur du panorama — 50 ouvertures, c’est suffisant pour ne plus être surpris à l’échiquier. Vous ne les jouerez pas toutes, mais vous saurez de quoi il s’agit quand votre adversaire les jouera contre vous. Et ça, c’est précieux.
- Les tests — intégrer deux niveaux de tests à la fin d’un livre sur les ouvertures, c’est une vraie décision pédagogique. Ça transforme une lecture passive en apprentissage actif.
- La rigueur des auteurs — Watson et Burgess ne bâclent pas. Chaque ouverture est accompagnée d’explications sur les idées typiques, les pièges à éviter, les plans à long terme. Ce n’est pas un simple catalogue de coups.
Le point faible — et il est réel :
La présentation est parfois difficile à suivre. Chaque ouverture débute par un long paragraphe de texte, suivi des diagrammes — sans véritable lien visuel entre les deux. On ne sait pas toujours si on doit lire puis regarder, ou regarder en lisant. Pour un débutant qui découvre la notation algébrique en même temps, ça peut créer une vraie friction.
Ce n’est pas rédhibitoire — mais c’est dommage pour un livre qui se veut accessible. Une structure alternant texte et diagramme position par position aurait rendu la lecture bien plus fluide.
Conclusion : mon verdict
Les ouvertures d’échecs pour les enfants est un livre honnête, bien construit, et utile — à condition de savoir ce qu’on cherche.
Si vous voulez comprendre les grandes familles d’ouvertures, assimiler les principes fondamentaux et ne plus être perdu quand votre adversaire joue quelque chose d’inattendu — ce livre est fait pour vous. Il ne vous transformera pas en expert de la Sicilienne Najdorf, mais il vous donnera une culture d’ouverture solide et des bases sur lesquelles construire.
Si vous cherchez un répertoire clé en main ou des variantes approfondies, passez votre chemin. Ce n’est pas l’objectif de cet ouvrage.
Malgré son défaut de présentation, je continue de le recommander à mes élèves débutants et intermédiaires. C’est l’un des rares livres qui traite les ouvertures comme un sujet à comprendre — pas comme une liste à mémoriser.
Pour aller plus loin
- Vous débutez aux échecs et vous voulez poser les bonnes bases avant d’ouvrir ce livre : Les bases des échecs
- Vous voulez approfondir la notation algébrique pour mieux suivre les variantes : Comment noter les coups aux échecs
- Vous cherchez d’autres livres pour progresser : Les meilleurs livres d’échecs
- Vous souhaitez acheter Les ouvertures d’échecs pour les enfants : Voir le livre sur Amazon
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2 réponses
C’est top que le livre soit pour les enfants et les adultes. Ça donne envie de jouer aux échecs en famille. Le livre parle de logiciels pour progresser aux échecs. Ça semble pratique ! Est-ce que c’est facile à suivre ? merci
Pour bien suivre ce qui est écrit dans ce livre, mais comme dans tous les livres sur les échecs, il faut savoir lire les annotations aux échecs. Mais je te rassure, cela se fait en très peu de temps, tellement que c’est simple. Je te renvoie pour ce faire à cet article : https://echecsauroi.fr/comment-lire-et-ecrire-une-partie-dechecs/